Pourquoi les Milleniums & génération Z, ne sont pas »digital native »

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visuel repris de l’article du blog Generation Y 2.0 « Renommer la génération Z »  de Benjamin Chaminade.

« Génération Z », « Millenials », « digital natives » ou « WE-I génération », chacun de ces termes évoque les 15-25 ans de 2016, nés jusqu’à l’an 2000. A raison de 800 000 naissances par an, ils représentent aujourd’hui 30 % de la population française, soit plus de 20 millions de jeunes gens.

Les médias les considèrent comme hyper-connectés, ultra actifs sur les réseaux sociaux, grands adeptes des snap, « insta« , ou livetweet. Utilisant FB ou whatsapp pour animer des groupes temporaires autour de leurs thèmes d’actualité, comme l’intégration au lycée, la première année post bac ou les premiers pas dans la vie active. Menant une vie digitale parallèle à leur vie réelle, ils vivent les pouces scotchés au smartphone.

Michel Serres, historien des sciences et philosophe, considère cette génération à l’aise avec ses « pouces » dans son livre Petite Poucette (ed.Le Pommier, 2012) comme celle qui n’a plus besoin d’apprendre en cumulant du savoir dans son cerveau. Elle développe une agilité dans son apprentissage ou ses recherches documentaires à l’aide de la mémoire délocalisée que représente l’ordinateur connecté. L’ensemble des savoirs semble disponible sur Internet et accessible grâce à des outils de recherche comme Google.

Connectés 10 à 12 heures par jour, les marketeurs qualifient leurs habitudes de « SoLoMo« , acronyme de  Social, local, mobile. Effectivement à l’aise avec les outils digitaux, ils sont devenus autonomes et indépendants vis à vis des cercles d’autorité et de formation traditionnelle que représentent la famille et l’école en général. C’est que l’âge moyen d’équipement du premier mobile est officiellement 11 ans ! L’équipement est motivé par l’entrée au collège, au point d’en être devenu une norme sociale que l’on pourrait résumer par « Si tu n’as pas ton mobile au collège, tu finiras marginalisé » (puisque les autres chatent et s’échangent émojis, vidéos, photos et GIF sur leurs groupes et réseaux sociaux) ». Face à l’adoption massif de ces usages, l’argument parental « avec ton mobile je pourrai te joindre où que tu sois » ne tient pas la route longtemps, d’autant plus que ceux ci laissent leurs enfants avec leur mobile embarqué dans leur chambre même la nuit, laissant la place à d’autres usages que l’intérêt utilitaire premier de l’objet…

Les statistiques à ce sujet sont vérifiables grâce au CREDOC, l’institut statistiques public qui publie régulièrement des rapports sur les conditions de vie et aspirations des français. Pour 2013 par exemple, le CREDOC indiquait que 89 % des 12 ans et plus était équipé d’un mobile.

En connexion permanente, social media addicted, fédérée autour de groupes virtuels éphémères ou évolutifs, la génération Z affirme sa liberté d’action tout en développant une forme de résistance à l’autorité et aux relations traditionnelles. Et tout semble affirmer que la génération Millenium est bien la génération digitale native.

Pourtant. La génération Z conserve encore une mémoire du monde d’avant. La mémoire qu’avant 11 ans, voir un peu plus, ils ont connu une enfance sans usage permanent de la connexion, sans réseaux sociaux, sans selfis ni partages communautaires. Un univers de raisonnement et d’action différents, qui tend à disparaitre depuis le lancement du premier smartphone en 2007 par Apple, soit il y a moins d’une décennie (Gasp !). Et l’existence même de cette mémoire encore fraiche rend le qualificatif « Digital Native » inaproprié concernant la génération Millenium, dite Z.

Les premiers vrais « digital natifs » ont dix ans ou moins en 2016. Parce qu’ils auront toujours connu le mobile version smartphone dans leur univers. Parce qu’ils disposent de réseaux 3G voir 4G…partout dans le monde, parce qu’ils empruntent le mobile de leurs parents dès l’âge de deux ans pour « jouer en réseau » ou « utiliser des apps ». Parce qu’ils n’auront jamais eu de souvenir sans. Ils exercent leur agilité dès le plus jeune âge, avec tout l’opportunisme et la vitesse d’apprentissage permis par l’enfance. En corrélation avec plusieurs phénomènes sociétaux dont l’évolution du taux de divorce ou le développement de la garde partagée, une minorité grandissante d’enfants scolarisés en primaire est déjà équipé de mobile. D’ici 5 ans, l’âge moyen d’équipement devrait être ramené à 6 /7 ans, correspondant à l’entrée en école primaire.

La génération Post Millenium promet d’être la génération Alpha du monde digital qui s’invente. Une génération facétieuse, indisciplinée, indocile et qui pourra préférer apprendre en faisant et en refaisant elle même, sans se préoccuper de ce qui se faisait dans le monde « sans » ni sans reprendre ses codes de fonctionnement qu’elle n’aura pas vécu.

Bonus : infographie des usages et centres d’intérêt de la génération Z par Mccrindle, société de recherche australienne.

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